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Né le 1er mars 1888 à Belopolié d’une famille ouvrière en Ukraine - qui à cette époque fait partie de l'Empire russe - Makarenko devient instituteur à l’âge de dix-sept ans, formé et diplômé par l’École de cheminots la plus renommée du pays. Au moment de la grande guerre, il est réformé à cause de sa forte myopie et ira étudier sur les bancs de l’Institut pédagogique de Poltava. Il commence à écrire des poèmes satiriques et des nouvelles ce qui l’amène à entretenir une correspondance avec Maxime Gorki. Makarenko enseigne et devient directeur dans différentes écoles primaires et secondaires jusqu’en 1920 où il prend la responsabilité d’une colonie qu’il a créé : la colonie Gorki, un établissement qui regroupe et héberge jeunes délinquants et enfants sans protection dont le nombre ne cesse de grandir après la révolution russe. Bien qu'établis dans le cadre paramilitaire, les principes fondateurs de ce genre de structure prônent la liberté d'expression, le respect des valeurs et le respect d'autrui. L'autorité est confiée au conseil constitué de membres les plus respectés et c'est en assemblée générale qu'on prend les décisions importantes. Le travail agricole et artisanal assure la suffisance de la communauté et crée les liens grâce à l'activité collective7. Makarenko dirige plusieurs colonies jusqu’en 1936, en étant souvent en opposition avec le Commissariat de l’Instruction Publique, et commence ses œuvres en particulier le Poème pédagogique. À l’âge de 39 ans, il épouse Galina Salko qui travaille à la commission de la délinquance d’Ukraine. En 1932, il publie ses premiers essais pédagogiques et, deux ans après, participe à la direction de la Commission des communautés de travail d’Ukraine puis il est admis à la société des écrivains. En 1936, ses théories pédagogiques sont officiellement reconnues avec un changement complet du Commissariat de l’Instruction Publique. Moscou l’appelle alors et il enseigne sa pédagogie en conférence, à la radio, dans des réunions de parents de la capitale russe. En 1938, il est décoré de l’Ordre du Drapeau rouge du Travail et publie Les drapeaux sur les tours et Problèmes d’éducation à l’école soviétique. Toujours influencé par le parti communiste russe, Makarenko n’en sera jamais membre car il décède d’une embolie en 1939, quelques semaines après avoir fait sa demande d’adhésion.